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Bing Webmaster Tools : le levier de visibilité IA que personne n'active

87 % des citations de ChatGPT correspondent au top 10 de Bing, contre 56 % pour Google. Pourquoi l'index de Bing conditionne votre présence dans les réponses IA, et comment s'y inscrire.

Vous avez travaillé votre référencement Google pendant des années. Vos pages sortent, votre trafic est correct, vos concurrents ne vous dépassent pas. Et pourtant, quand un prospect demande à ChatGPT « quel prestataire recommandez-vous pour X ? », ce sont eux qui sont nommés, pas vous.

Il y a plusieurs explications possibles. Il en existe une, très concrète et très peu connue, qui se corrige en une après-midi et ne coûte rien : votre site est peut-être mal indexé par Bing.


Le chiffre qui devrait vous faire ouvrir un compte Bing

En février 2025, l'agence Seer Interactive a fait un travail simple et rarement refait : elle a pris plus de 500 citations produites par la recherche de ChatGPT sur 100 requêtes, puis a relancé les mêmes questions sur Google et sur Bing pour comparer les URL, par correspondance exacte.

Le résultat :

  • 87 % des citations de ChatGPT correspondaient à un résultat naturel du top 10 de Bing.
  • 56 % seulement correspondaient à un résultat Google — et encore, avec un rang médian de 17 et un rang moyen de 28, c'est-à-dire au-delà de la première page.

Autrement dit : pour prédire ce que ChatGPT va citer, le classement Bing est un bien meilleur indicateur que le classement Google.

Pourquoi : ChatGPT ne lit pas le web, il lit un index

Un assistant qui « cherche sur le web » ne parcourt pas Internet en direct à chaque question. Il interroge un index déjà constitué, puis rédige à partir de ce qu'il y trouve. Pour ChatGPT, cet index est en grande partie celui de Bing.

La conséquence est brutale, et Search Engine Land la résumait en novembre 2024 d'une phrase : « ChatGPT utilise l'index de Bing, donc si Bing n'a pas votre page, ChatGPT ne l'a pas non plus. »

Ce n'est pas une question de classement, c'est une question d'existence. Une page absente de l'index n'est pas mal classée : elle n'est pas candidate. Et une page peut très bien être parfaitement indexée par Google et ignorée par Bing — les deux robots n'ont ni le même rythme, ni les mêmes exigences techniques, ni la même tolérance au JavaScript.

Il y a une seconde porte, et elle est chez OpenAI

Bing n'est pas le seul point de passage. OpenAI exploite aussi son propre robot, OAI-SearchBot, dont la documentation officielle est sans ambiguïté : les sites qui l'excluent « n'apparaîtront pas dans les réponses de recherche de ChatGPT ».

Vérifiez donc votre robots.txt. Un blocage large hérité d'une époque où l'on cherchait à empêcher l'entraînement des modèles peut aujourd'hui vous exclure des réponses. Ce sont deux robots différents et deux décisions différentes :

  • GPTBot sert à l'entraînement des modèles. Le bloquer est un choix légitime.
  • OAI-SearchBot sert à apparaître dans les réponses. Le bloquer vous rend invisible.

Beaucoup de sites ont interdit les deux d'un seul geste, sans savoir qu'ils fermaient la seconde porte en même temps que la première.

Bing Webmaster Tools, concrètement

L'outil est gratuit, et l'inscription prend une vingtaine de minutes.

1. Créez le compte et importez depuis Google. Sur bing.com/webmasters, l'option « Importer depuis Google Search Console » récupère vos propriétés déjà vérifiées et vos sitemaps en quelques clics. C'est de loin le chemin le plus rapide, et il évite de refaire toute la validation de propriété.

2. Sinon, validez la propriété à la main. Trois méthodes au choix : un fichier XML à déposer à la racine, une balise <meta> dans le <head>, ou un enregistrement DNS CNAME.

3. Soumettez votre sitemap. Même s'il est déjà déclaré dans votre robots.txt, la soumission explicite accélère la première passe.

4. Lisez le rapport d'indexation. C'est l'étape que tout le monde saute, et c'est celle qui vous apprendra quelque chose. Vous y verrez combien de vos pages Bing connaît réellement — un chiffre souvent très inférieur à celui de Google Search Console. Les écarts fréquents : pages rendues uniquement en JavaScript, pagination profonde, contenu derrière un formulaire.

5. Utilisez l'inspection d'URL sur vos pages qui comptent — page d'accueil, pages de service, comparatifs, études de cas. Ce sont celles qu'un assistant est susceptible de citer.

IndexNow : prévenir plutôt qu'attendre

IndexNow est un protocole ouvert qui inverse la logique du crawl. Au lieu d'attendre que le robot repasse, votre site signale qu'une URL vient d'être créée ou modifiée.

L'adoption n'est plus marginale : en décembre 2024, Microsoft annonçait plus de 3,5 milliards d'URL soumises par jour, et 18 % de toutes les nouvelles URL cliquées dans les résultats de recherche provenaient d'IndexNow.

La mise en place dépend de votre plateforme : extension sur WordPress, intégration native chez Shopify, Wix ou Duda, ou une clé à déposer à la racine et un appel HTTP à chaque publication pour un site sur mesure.

Un point à connaître : Google ne prend pas en charge IndexNow. Le protocole sert Bing, Yandex, Seznam, Naver — et donc, indirectement, les assistants qui s'appuient sur eux. C'est un travail que votre SEO Google ne fera pas à votre place.

Ce qu'il faut se garder de croire

Cet article serait malhonnête s'il s'arrêtait là, parce que l'écosystème a bougé depuis l'étude Seer.

L'étude date de février 2025 et porte sur la recherche de ChatGPT à ce moment-là. C'est une photographie, pas une loi. Un an et demi plus tard, l'architecture est devenue une pile mixte : OAI-SearchBot crawle en propre, et différentes analyses indépendantes ont depuis observé d'autres sources à l'œuvre selon les cas.

Bing reste la porte d'entrée la mieux documentée. Ce n'est plus la seule. Quiconque vous dit « Bing = ChatGPT » vous vend une simplification qui sera fausse d'ici six mois.

Et surtout : être indexé ne garantit rien. L'indexation est une condition nécessaire, pas suffisante. Elle vous rend candidat ; elle ne vous fait pas citer. Ce qui vous fait citer, c'est ce que les modèles trouvent à dire de vous — vos pages, mais aussi les annuaires, les comparatifs et les avis qui parlent de vous ailleurs.

Comment savoir si ça a servi

C'est la partie que la plupart des guides oublient. Vous avez fait le travail : comment savez-vous qu'il a produit quelque chose ?

Le rapport d'indexation de Bing vous dira si vos pages sont entrées dans l'index. Il ne vous dira pas si ChatGPT vous cite davantage. Ce sont deux mesures différentes, et seule la seconde est votre objectif réel.

Pour la seconde, il faut poser aux assistants les questions que vos clients leur posent, plusieurs fois, sur plusieurs modèles, et compter. C'est exactement ce que fait Mentova : nous interrogeons ChatGPT, Gemini et Perplexity sur vos requêtes, nous relevons qui est cité, et nous suivons l'évolution dans le temps.

Une précision d'honnêteté, parce qu'elle change la façon de lire les résultats : deux appels au même assistant, à quelques minutes d'écart, ne donnent pas la même liste de marques. Sur un marché fragmenté, le recouvrement peut tomber à 15 %. C'est pourquoi une mesure sérieuse répète chaque question plusieurs fois plutôt que de tirer une conclusion d'une seule réponse — et pourquoi il faut se méfier de tout outil qui vous annonce un chiffre sans vous dire sur combien de réponses il porte.


En résumé. Ouvrez Bing Webmaster Tools, importez depuis Google Search Console, soumettez votre sitemap, lisez le rapport d'indexation. Vérifiez que votre robots.txt ne bloque pas OAI-SearchBot. Branchez IndexNow si votre plateforme le permet. Comptez une après-midi, zéro euro.

Ça ne vous fera pas citer par magie. Mais tant que ce n'est pas fait, la question ne se pose même pas.

Sources. Seer Interactive, 6 février 2025 · Search Engine Land, 5 novembre 2024 · Bing Webmaster Blog, 12 décembre 2024 · Documentation OpenAI sur ses robots

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